Deux zones humides de la commune Le Vallon et La Prée du Gué ont fait l’objet en 2022 d’un diagnostic et d’un inventaire de la faune et de la flore réalisés par l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Eaux et Vilaine. Ces études ont permis de mettre en évidence l’intérêt écologique de ces espaces naturels qui nécessitaient une restauration. La Loirie, petit affluent de la Vilaine, a été reméandrée pour améliorer la qualité de l’eau et restaurer la biodiversité en 2023.
Lors de cette phase de diagnostic, nous avions observé que La Loirie était profonde, large, envasée. Nous avons réalisé l’inventaire de la faune (grenouilles, anguilles, loches franches, perches…) et de la flore (salicaire, reine des prés, saules, chênes…). Notre objectif était de rendre le ruisseau plus sinueux (son dessin naturel signe de bonne santé) et moins profond. Il y a 10 ans, l’on enrochait, l’on mettait du bois. Aujourd’hui, nous recréons les milieux naturels. Pour réaliser les tracés, nous avons pris le point bas de la prairie, La Vilaine, qui agit comme un siphon dans une baignoire. Oriane Simon, technicienne, Eaux et Vilaine




Reméandrage de La Loirie
Le reméandrage signifie étudier un cours d’eau, son fonctionnement pour restaurer son tracé initial sinueux (sa forme naturelle et signe de bonne santé) et adapter son gabarit à un flux naturel d’eau. Une mosaïque d’habitats a été créée avec l’ajout de petits cailloux pour permettre une meilleure oxygénation, diversifier les habitats, la faune, la flore, et générer une meilleure résilience face aux pressions extérieures. Le ruisseau pourra s’auto-épurer et mieux s’adapter aux inondations (le niveau des berges trop haut a été abaissé. Ce qui permettra à l’eau de mieux se répartir dans les zones humides et de réalimenter les nappes phréatiques) ou lors des sécheresses (puiser dans la nappe phréatique rechargée l’automne et l’hiver). L’automne et l’hiver, un cours d’eau reconstitue ses réserves comme un être humain, pour y puiser au printemps et en été. Deux-trois mares de repli pour les eaux pluviales qui ont un intérêt pédagogique ont enfin été créées. Par exemple, pour les crues biennales, le cours d’eau déborde une fois sur deux.
Oriane Simon, techicienne, Eaux et Vilaine


Les travaux sont finis et maintenant la restauration du milieu commence

La végétation herbacée (salicaire, reine des prés, saule) va mettre quelques mois pour reprendre sur le milieu.
La faune (grenouilles que l’on entend de nouveau, poissons) et la flore vont se développer également petit à petit.
Afin de diversifier les habitats et d’apporter de l’ombrage au milieu, le site de la Prée des Gués fera partie d’un nouveau protocole d’implantation d’arbres par le biais de semis cet automne. Ainsi, des aulnes, des frênes ou des chênes, et d’autres espèces autochtones, pourront être retrouvés d’ici quelques années le
long du cours d’eau. Des saules ont été laissés volontairement à la Prée des Gués afin d’obtenir rapidement de l’ombrage, essentiel en période estivale pour l’éco-système.
Des suivis (insectes aquatiques, poissons, gabarit du cours d’eau…) seront régulièrement réalisés au cours de ces prochaines années afin d’observer et d’analyser l’évolution du milieu aquatique suite aux travaux d’Eaux et Vilaine.
L’objectif est d’améliorer la qualité, la quantité et la biodiversité du cours d’eau et de ses milieux connexes, les zones humides, en y apportant une diversité d’écoulements, d’habitats et une amélioration du stockage de l’eau dans la nappe phréatique.
Pourquoi faut-il laisser les cailloux et les branches dans l’eau ?
Lors des travaux, des cailloux ont été ajoutés dans le cours d’eau afin de diversifier les écoulements et les habitats. Ces cailloux permettent une oxygénation du cours d’eau et une diversité d’habitats pour des insectes aquatiques et des poissons. Le diamètre et l’emplacement des cailloux ont été choisis selon le tracé du cours d’eau, sa pente, son débit…
Par conséquent, veuillez laisser les cailloux dans le cours d’eau. La faune aquatique en dépend.
Le bois en rivière est également très important. Tout le cycle biologique d’une rivière en dépend. Sauf s’il fait barrage en travers du cours d’eau et ne permet pas l’écoulement de ce dernier, il est important de le laisser.
Ces cailloux sont des zones de repli pour la faune. Il faut sensibiliser les enfants à la faune et à la flore existant dans cette zone humide tout en la préservant. C’est un terrain d’observation, pas un terrain de jeu.
Oriane Simon, technicienne, Eaux et Vilaine
Et si on donnait un coup de pouce à la biodiversité ?
Différentes espèces (aulne, bouleau, frêne, chêne, sureau, noisetier) ont été semées au printemps 2024 sur une zone test.
